Chambre d’agriculture et syndicats agricoles sont inquiets

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En ce matin du 8 avril, une nappe de fumée nimbe les plaines agricoles du Vaucluse. Les dernières traces d’une nuit de bataille contre le gel. Seules 10 % des parcelles du Vaucluse bénéficient pourtant de système de protection, il faut dire que le coût est exhorbitant : jusqu’à 2000€/hectare pour les bougies de paraffine. Quant à l’aspersion, méthode la plus efficace pour Guilhem Sévérac, chef du service arboriculture et maraîchage de la chambre d’agriculture, elle exige d’importantes ressources en eau.

Grâce à une dérogation exceptionnelle du préfet, les producteurs ont tout tenté pour sauver les meubles. Chaufferettes pour les uns, ballots de paille embrasés pour les autres, un combat qui s’est souvent avéré vain. Car cet épisode d’une rare intensité à pareille époque, a fait chuter le thermomètre à - 6° par endroits. Il s’est surtout installé dans la durée, indique la présidente de la chambre d’agriculture. « À minuit, il faisait - 1° et les températures n’ont cessé de baisser toute la nuit », note Georgia Lambertin. « L’impact va être conséquent », prévient-elle. Pas un secteur qui n’ait été épargné, y compris dans des zones protégées comme la basse vallée de la Durance ou la Barthelasse. Une catastrophe comparable à celle de 1991.

« Pour les espèces à pépin, pommes, poires, on devrait y voir plus clair dans 10 à 15 jours, mais il y aura un impact quantitatif et qualitatif. Pour les espèces à noyau, abricots, prunes, pêches, ce gel arrive sur de jeunes fruits, je crains que la messe ne soit dite… La cerise est moins avancée, mais le stade est sensible, il y aura un impact. Je suis très pessimiste », confie Guilhem Sévérac.

Maraîchers à Uchaux, Julien Bernard et son frère ont bataillé toute la nuit pour sauver leurs tomates. L’exploitation familiale du Panier de la Comtesse a abandonné les tunnels en plastique depuis 3 ans se pensant à l’abri du gel tardif. Ils avaient la chance d’avoir acquis une exploitation déjà équipée de bougies, car l’investissement était hors de portée. Comme beaucoup, ils ont aussi acheté, en urgence, des ballots de paille impropres au fourrage pour les brûler. « Et apparemment, il n’y a pas de casse », souffle Julien, néanmoins prudent.

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